Le président Sargsyan : défis intérieurs et extérieurs

Dans le cadre de la série Les nouveaux tsars de l’Est, Noviny tire le portrait des chefs d’États peu connus d’Europe Orientale, expliquant les enjeux des pays de l’ex-espace soviétique.

Le 17 juillet 2016, à Erevan, la capitale arménienne, un groupe armé s’emparait d’un bâtiment de police et prenait des otages. Ce groupe réclamait la libération de leur leader, Jirair Sefilian, et la démission du Président de la République arménien Serge Sarkissian (ou Sargsyan). Deux semaines plus tard les membres du commando se sont rendent aux autorités, mettant fin à une nouvelle crise politique en Arménie.

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Le président arménien Serge Sargsyan, entre Union Europénne et Russie. Crédits : AJV

Une longue ascension

Serge Sargsyan a été élu en 2008 à la tête du pays avec 52,82% des voix puis réélu 2013 avec 58,64% des scrutins. Il représente le Parti Républicain, de mouvance libérale. Il est né en 1954 à Stepanakert, dans le Haut-Karabagh (région officiellement azérie mais se revendiquant arménienne et s’étant déclarée autonome en 1991). Il commence sa carrière politique en 1979 au comité régional des jeunesses du Parti Communiste. Après l’indépendance en 1991, il obtient plusieurs postes d’importance pour finalement être désigné candidat du Parti Républicain en 2008.

Un président très contesté

L’opposition l’accuse dès sa première élection de fraudes et déclenche des émeutes. En décembre 2015 s’est tenu un référendum afin de faire passer le régime arménien de semi-présidentiel à parlementaire. Alors que le « oui » l’emporte, l’opposition souligne que le parlement pro-gouvernemental ferait revenir le pouvoir de toute façon dans les mains du Président. Son ancien ami et désormais féroce opposant, Gaguik Tsaroukian, président de la deuxième force politique arménienne Arménie Prospère, le considère comme « le roi de la corruption ». Le Président arménien est aussi accusé d’enrichir ses proches au détriment du peuple arménien. Même si le chômage a baissé de 10 points depuis 2006, il se stabilise depuis quelques années autour de 18% et de nombreux arméniens continuent à quitter le pays.

Entre l’Union Européenne et la Russie

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Vladimir Poutine et Serge Sargsyan à Erevan en 2013. Crédits : Kremlin.ru

A l’étranger, le Président arménien apparaît partagé entre l’Union Européenne et la Russie. Le désir de coopération avec l’UE été jugé comme une « priorité » lors d’une rencontre le 13 janvier 2016 avec le chef de la délégation de l’Union Européenne, qui a assuré sa volonté d’aider l’Arménie dans son développement. Toujours est-il que l’Arménie appartient depuis 2013 à l’Union douanière crée par la Russie. Le soutien militaire russe, dans le contexte de « guerre non-déclarée » au Karabagh, s’avère essentiel.

Serge Sargsyan est ainsi confronté à plusieurs défis : l’économie, les relations étrangères, l’Azerbaïdjan ainsi que sa propre légitimité dans son propre pays. Il doit diriger un pays aux maux plus aigus encore : la pauvreté, le chômage et la corruption. Reste à voir ce que l’avenir réserve à cette ex-RSS chargée d’histoire.

Zadig Tisserand

Dans la même série : Karimov, Nazerbaïev : le crépuscule des Khans

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