Le point anarchiste : anarchisme et communisme (3/3)

Dernière article de la série « anarchisme et communisme », avec les points communs et les divergences sur la perception du travail.

Encore une fois, communistes et anarchistes partagent un constat assez similaire sur le travail capitaliste. Dans sa conception capitaliste et dans la réalité des XIXème, XXème et XIXème siècles vécus par les deux courants politiques, le travail est perçu comme une exploitation. Il aliène les travailleurs et fait d’eux de simples outils de la machinerie capitaliste. Du fait de la parcellisation des tâches dans l’industrie, ceux-ci sont interchangeables, remplaçables.

La divergence entre anarchisme et communisme apparaît encore une fois dans l’importance attribuée au concept de travail:

  • Karl Marx : “tout ce qui est juste et bon est le travail, la seule différence, c’est que pour le bourgeois, le travail tend de plus en plus à être le travail des autres, et que pour l’ouvrier, seul lui-même peut porter le titre noble de travailleur”.
  • Jacques Ellul, libertaire du XXème siècle, écrit “qu’il faut, avant toute recherche ou réflexion sur le travail dans notre société, prendre conscience de ce que tout y est dominé par l’idéologie du travail”
  • Boris Vian, souvent qualifié d’anarchiste à son époque, « Le travail est probablement ce qu’il y a sur cette terre de plus bas et de plus ignoble. Il n’est pas possible de regarder un travailleur sans maudire ce qui a fait que cet homme travaille, alors qu’il pourrait nager, dormir dans l’herbe ou simplement lire ou faire l’amour avec sa femme.

La traduction du communisme en totalitarisme au cours du XXème siècle, si elle n’a peut-être pas montré le visage concret du communisme a au moins mis au jour une dérive que pouvait avoir cette idéologie : l’accaparement du pouvoir étatique par une oligarchie.

Bakounine avait entrevu ce risque dans Etatisme et Anarchie (1873) : “Prenez le révolutionnaire le plus radical et placez-le sur le trône de toutes les Russies, ou confiez-lui un pouvoir dictatorial […] et avant un an il sera devenu pire que le Tsar lui-même.« 

Sur le plan du travail, le stakhanovisme a consacré une véritable “religion du travail” en Union Soviétique. Sans doute autant que dans un régime capitaliste, les classes ouvrière et paysanne ont été oppressées par le travail mais aussi par un Etat autoritaire.

Pour les anarchistes, l’une des grandes finalités de la Révolution consiste en l’émancipation de “d’idéologie du travail”. Cela ne signifie pas que le travail, en soi, disparaît de l’idéal anarchiste. Cela veut simplement dire que dans cet idéal, le travail occupe beaucoup moins d’aspects de la vie que dans la société capitaliste. Le temps libre qui serait délivré par une réduction drastique du travail permettrait ainsi aux individus de participer à la vie de la cité, à se consacrer aux arts, en un mot, de vivre en tant qu’homme et non plus d’exister comme facteur de production.

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