Paris relocalise

Monsieur Kazabonov, mystérieux contributeur à Noviny, livre ses impressions sur la soirée d’intégration du vendredi 9 septembre. Invité par le campus de Paris tout comme d’autres étudiants de Reims et Poitiers, l’étudiant dijonnais nous offre un témoignage cinglant et poignant de vérité sur cette soirée dans la jungle parisienne. Un article en partenariat avec La Péniche, le journal des étudiants de Sciences Po Paris.

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Une « jungle » faisant cinq fois la taille de l’amphithéâtre Danube. Photographie: La Péniche

Incroyable mais vrai, après presque 15 ans de chambres à part, il semblerait le campus de Paris s’est soudainement souvenu que les campus délocalisés existaient, et même : qu’ils suivaient ensemble le même cursus. Surpris de se trouver des cousins de race pure (une pensée pour les bordelais et lillois que l’eugénisme aura écarté de la famille), le nouveau BDE, dans un élan de générosité a fait un geste envers les pauvres hères estrangeois. Le tarif d’entrée était à seulement cinq euros, laissant aux BDE délocalisés ou même aux étudiants eux-mêmes le bon soin de financer leur trajet.

Si les oligarques dijonnais et autres businessmen rémois n’auront pas eu de mal à se payer le meilleur des BlablaCar, on aura une pensée émue pour tous ceux qui, faute de liquidités, on dût  renoncer à Paris (les poitevins, ruinés par les Collégiades ?).

Car si l’offre semble extrêmement bradée aux yeux des parisiens, il faut bien réaliser : cinq euros, c’est le prix moyen d’une soirée en campus délocalisé. Quelle chance donc pour les délocalisés : une soirée à Paris, mais comme à la maison! Sans déplacement, avec consommations payantes, et logement approximatif chez les parisiens (« logez des provinciaux, gagnez une conso ! »). Bref, comme à la maison quoi.

En minorité numérique dans une foule hostile et hautaine, les plus fiers des délocalisés, carburant aux précieux liquides russe et polonais, ont réussi à mettre une ambiance digne des soirées du “Goulag”.

Premier contact difficile sur l’immense place des Invalides qui déboussola les campusards habitués à leurs petites places de province. C’est au milieu d’une jungle de chemise BCBG parisiennes que les camarades du campus dijonnais ont prouvé leur valeur. En minorité numérique dans une foule hostile et hautaine, les plus fiers des délocalisés, carburant aux précieux liquides russe et polonais, ont réussi à mettre une ambiance digne des soirées du “Goulag”. Le before aura été court pour les 1A parisiens qui n’auront pas su suivre la fougue de ces campusards déchaînés, festoyant au rythme des chants nationaux venus des quatre coins de l’Europe, face auquel le répertoire musical parisien apparaît comme un recueil de comptines pour enfants. La minute Yep était là, tentant vicieusement de filmer les âmes perdues dans la boisson et les rencontres alcoolisées. Mais les forts camarades du goulag ne se sont pas laissés avoir par les petites moeurs parisiennes.

Cependant, nul besoin de se mentir : les campusards aussi en ont eu plein les yeux et en premier lieu par les dimensions hérculéenne de la boîte La Palmeraie choisie par le campus de Paris, du jamais vu pour des gens résidant à Dijon, Reims, ou Poitiers. Deuxième surprise en découvrant que les mineurs étaient recalés à l’entrée, un phénomène surprenant pour les dijonnais qui acceptent en soirée tous les individus motivés de 7 à 77 ans (au sein d’une mystérieuse “Maison du Péché”, lieu notable de débauche dijonnaise).

In fine, c’est bien sur le dancefloor de la Palmeraie que les délocalisés ont retrouvé des frères perdus de longue date : les “parigots”, ces sciencepistes en chemise et Stansmith que l’on adore détester.

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Des dijonnais essayant de s’intégrer à l’hostile jungle parisienne. Photographie: La Péniche

Quelle conclusion pour les parisiens ? Et bien, d’après une source noire et jaune, proche du milieu médiatico-télévisuel de Sciences Po, les enfants de la capitale ont eu un coup de coeur pour les slaves dijonnais avec qui ils partageaient leur car lors du Minicrit. Noir Jaune Bleu. On souhaite donc aux parisiens une belle histoire d’amour naissante avec ces « provinciaux », en attendant de les voir aux Collégiades, compétition de grande qualité où ils sont mieux reçus que dans un autre événement que nous ne nommerons pas (toulousains, c’est à vous qu’on pense).

Bref, un remariage spirituel et géographique, à l’initiative notable du campus de Paris. Dans cette foulée, peut-être verra-t-on naître enfin le mythique WEIC de Paris ?

Monsieur Kazabonov

En partenariat avec La Péniche, journal des étudiants de Sciences Po Paris

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