Nouveau look pour une nouvelle vie

Tandis qu’en soirée certains développent leur imagination en s’imbibant de Poliakov et de Koenigsbeer quand il ne reste plus de rakija ou de Soplica, d’autres, des esprits plus sages et plus avertis, versent dans l’écriture et y déversent leur inspiration, cadeau des Muses. C’est le cas des rédacteurs de Noviny, dignes héritiers d’Albert Londres, dont l’unique but est de satisfaire la soif d’information de sciencespistes en manque d’idées pour leurs accroches d’IPC ou de Droit International. Tels Saint-Exupéry dans le Sahara, ils ont atterri à Dijon, ville hostile et coupée du reste du monde depuis la fermeture de son aéroport, avec la sacrosainte mission d’informer cette minorité bobo-gauchiste et bien-pensante que forme Sciences Po.

 

Dans la plus pure tradition française, notre journal déclenche cette année sa révolution, une révolution au nom du peuple, menée par un microcosme élitiste et bourgeois. Cette révolution commencera par une suppression du format papier, bien trop mainstream pour nous autres les Milléniaux. 2018 sera à Dijon l’année du digital, avec un journal connecté et gratuit pour tous.

 

La forme n’est cependant pas le plus important pour notre média. Nous nous accordons à penser que la transformation doit se faire au plus profond de l’organisation. Nous nous accordons également à penser que l’information n’est pas unilatérale, mais qu’elle est participative (nous remercions ici Wikipédia, meilleur ami de l’étudiant depuis 2001, pour nous avoir inspiré cette idée). Nous avons donc décidé de permettre non seulement aux étudiants souhaitant rédiger un article leur tenant à cœur de le faire, mais aussi aux associations d’avoir leur voix dans le journal du campus. Nous poussons même l’innovation plus loin, en officialisant notre ouverture aux étudiant nés après l’an 2000. Noviny peut donc se targuer de devenir une aristocratie représentative.

 

Cent ans après l’Armistice, Noviny réitère cet acte de paix et annonce officiellement sa réconciliation avec Duel Amical, avec qui nous aurons le plaisir de collaborer tout au long de cette année. En outre, Noviny fait de sa révolution une révolution verte, et déclare la naissance d’un partenariat avec Sciences Po environnement, afin de sensibiliser les plus jeunes comme les plus âgés à la nécessité de protéger Mère Nature.

 

Si la révolution a du bon, le vieux monde n’est pas imparfait et Noviny poursuivra l’émission « Entre nous », perpétuant ces entretiens mythiques des (jeunes) « cadres dynamiques » de ce campus, héritage mémorable d’une génération de journalistes partis trop tôt. Cependant, cette génération que certains pensent déjà perdue reviendra, à travers des témoignages de nos estimés camarades partis dans des terres inconnues pour leur troisième année.

 

Enfin, et sur un ton plus solennel, nous vous invitons à nous rejoindre pour cette formidable aventure qu’est le journalisme lorsqu’il n’est pas de connivence avec les puissants, afin d’animer la vie de notre campus, afin de le faire vivre sur « l’intranet » comme dirait Bruno Nicolle, cet honorable professeur d’IRJ que vous, jeunes premières années, rencontrerez l’an prochain.

 

Mais je pérore trop, et il me tarde de vous laisser à vos dissertations. Je vous souhaite donc une merveilleuse année pleine de débauche et d’alcool, même lorsque vous entendrez votre foie citer approximativement Jean-Claude Vandamme et vous dire « J’adore l’eau, dans 20-30 minutes je n’en aurai plus ». Sur cette sage parole, je vous dis au revoir et bon courage pour l’année à venir, espérant vous voir nombreux à nous suivre.

Paul Madec

Danger sur la dernière forêt primaire d’Europe

Jan Szyszko, ministre polonais de l’Environnement lance en mars 2016 un vaste programme d’abattage d’arbres au sein de la forêt de Białowieża. Cette forêt, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est la dernière forêt primaire d’Europe et recueille une importante biodiversité, symbolisée par la présence des derniers bisons du continent. La raison avancée par le gouvernement est la prolifération d’un insecte xylophage qui décime les épicéas. Cependant, la politique de déforestation menée par les autorités a été jugée disproportionnée et injustifiée par les autorités européennes et par l’UNESCO, qui ont ordonné son arrêt. Malgré ces rappels à l’ordre, le gouvernement polonais s’entête dans son projet.

Une mesure politique controversée

Le programme d’abattage du ministère de l’écologie polonais prévoit la coupe de plus de 180.000m3 sur dix ans. Cette mesure a fait l’objet de plaintes d’ONG (telles que Greenpeace) et de protestations de plusieurs organisations écologistes polonaises mais aussi étrangères, ainsi que de divers corps scientifiques en Pologne. Cette forêt vierge fut formée il y a 10 000 ans lors de la dernière époque glaciaire. Classée au patrimoine de l’Unesco et site Natura 2000 elle s’étend sur 125 000 hectares, partagés entre la Pologne et la Biélorussie et compte des arbres multiséculaires. Le gouvernement polonais affirme agir pour la protection de la forêt, considérant que le droit national et européen l’oblige à recourir à la « protection active » dans le but de sauvegarder des milieux remarquables pour la faune et la flore. Selon lui, la présence importante d’insectes xylophages menacerait cet réserve naturelle à long terme, et la coupe massive d’arbres permettrait une préservation à long terme de ce sanctuaire naturel.

Au contraire, l’équipe de scientifiques mobilisée par Greenpeace en avril 2017 assure que les dommages causés par le plan d’abattage sur dix ans du ministère de l’écologie seraient irréparables, car la forêt dépasserait le seuil de régénération naturelle. La Commission Européenne estime que les mesures prises par les autorités, « qui comprennent l’abattage d’arbres centenaires, représentent une menace grave pour l’intégrité de ce site Natura 2000, qui protège des espèces et des habitats tributaires des forêts anciennes, y compris pour le bois mort qu’elles offrent ». Le gouvernement polonais du parti Droit et Justice (PiS) est soupçonné de masquer, derrière ce plan de sauvegarde de la forêt, une tentative pour récupérer des terres constructibles, afin d’y mener des activités touristiques, ainsi que de faire du profit sur la vente de bois d’épicéa. Le ministre de l’environnement, Jan Szyszko, s’est défendu de cette version et a appelé à un comportement rationnel face à la menace que représentent les parasites.

 

L’inquiétude croissante de la communauté internationale

 

Bruxelles conclut début juillet 2017 que les mesures prises par le gouvernement polonais n’étaient « pas compatibles avec les objectifs de conservation du site et allaient au-delà de ce qui est nécessaire pour garantir une utilisation durable de la forêt », qualifiant d' »incorrecte » l’évaluation faite par Varsovie des conséquences des opérations de coupes sur le site.

En aout 2017, le comité de l’UNESCO chargé du patrimoine mondial rejoint l’UE dans ses appels à la suspension des opérations dans la forêt de Białowieża. Exprimant sa « plus grande préoccupation », il avait annoncé le 5 juillet l’envoi d’une mission de surveillance sur place. L’UNESCO a également exigé de recevoir en décembre 2018 une mise à jour du rapport polonais sur la forêt, pour étudier son éventuelle inscription sur la liste du patrimoine mondial en péril lors de la prochaine session du comité en 2019, « en cas de confirmation d’un risque avéré ou potentiel ».

 

Le gouvernement polonais sous pression

Au début du mois de juillet 2017, la Commission européenne dépose officiellement un recours contre la Pologne devant la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) après plusieurs avertissements sur l’exploitation de la forêt. Dans la foulée, la CJUE publie un arrêt mandant l’arrêt total de l’abattage des arbres le 13 juillet.

Malgré cette décision officielle, le programme d’abattage lancé par le gouvernement n’a pas cessé. Soucieux de protéger cet espace naturel fragile, et unique en Europe, l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace a fait appel aux citoyens européens pour bloquer les opérations de coupes illégales.

Une trentaine de citoyens se sont réunis le 31 août dernier en Pologne, au cœur du site pour s’interposer entre les arbres et les machines. Une mobilisation citoyenne qui vise également à attirer l’attention des médias et du grand public sur le non-respect de la décision de justice européenne.

L’abattage des arbres de Białowieża est un sujet de préoccupation majeur pour l’Union Européenne et ses citoyens. Près de 150.000 Européens ont en effet signé la lettre de soutien aux “Défenseurs de la forêt” publiée sur le site We Move Europe, alors que la Cour de justice de l’Union Européenne a ordonné en juillet dernier de suspendre l’abattage dans ce site naturel protégé. Une demande que le gouvernement polonais ne semble pas prêt à respecter. Le cas de la forêt de Białowieża s’inscrit comme un énième point de tension entre Varsovie et Bruxelles, alors que le PiS, au pouvoir depuis 2015, inquiète déjà l’Europe, aussi bien à cause des réformes institutionnelles qu’en raison du refus d’accueillir les réfugiés. Encore une fois, le manque de dialogue et d’écoute semble renforcer l’impasse dans laquelle la Pologne s’engouffre, au risque de se trouver bientôt isolée sur le Vieux Continent.

bialowieza

Lucie De Rivas

When you play the game of thrones, you win or you die

                 Alors que la campagne fait rage et qu’aucun coup bas n’est épargné, Noviny est parti à la rencontre des deux listes de première année, le KGBDE et le Party Européen. Avant de rentrer dans le vif du sujet, quelques rappels s’imposent. Le KGBDE, est composé de Malo Tricca (président), Bastien Relave (trésorier), Lauren Mauro (secrétaire), Nastassia Lagaude (logistique) et Maxime Hennique (communication). Face à eux, le Party Européen se présente avec Monika Patriarchea (présidente), Mehdi Alami Ouali (trésorier), Alexis Stankevitch (secrétaire), Thomas Miron (logistique), et Nikita Alaverdyan (communication). Noviny a souhaité savoir ce qui opposait, mais aussi ce qui rassemblait ces jeunots ambitieux au travers de quelques questions générales, mais également personnelles.

 

Présentez votre liste en 3 mots

KGBDE : « Mise en luxe »

Party Européen : « Multiculturelle, soudée, festive »

Présentez 5 points essentiels de votre programme :

KGBDE : « Un week-end de désintégration pour dire au revoir aux 2A, des soirées thématique dans une salle privatisée toutes les six semaines, des partenariats imbattables dans des bars et dans des salles, des ventes de repas en vue de minimiser le coût des soirées, perpétuer la tradition des Campus Days et des week-ends inter-campus »

Party Européen : « Trouver une salle viable pour les soirées du BDE, s’occuper une bonne fois pour toutes du problème de la propreté du BDE et de la vaisselle, si possible y installer un four, égayer le jardin du campus avec de la décoration, organiser des « semaines des nationalités » avec des dégustations culinaires »

Pourquoi êtes-vous les mieux placés pour gagner ?

KGBDE : « Nous sommes une liste unie formée par des gens qui s’entendent très bien entre eux et peuvent travailler ensemble.  De plus, on peut s’appuyer sur d’autres, au-delà des 5 personnes de la liste, car le KGBDE ne s’arrêtera jamais. »

Party Européen : « Nous avons montré nos capacités pendant la campagne. Le Party Européen est une liste motivée et ambitieuse qui trouve des solutions pratiques aux problèmes quotidiens. Nous souhaitons améliorer l’image de notre campus. Nous sommes également une liste multiculturelle et ouverte d’esprit qui propose des idées originales et qui ne cessera jamais d’innover. Enfin nous sommes ouverts aux idées de chacun et nous serons ravis de les intégrer à notre programme. »

Décrivez vos adversaires en 3 mots

KGBDE : « Maroc, parité, ménage »

Party Européen : « Ambitieux, gentils, photogéniques »

 

QUESTIONS INDIVIDUELLES AU KGBDE

Malo, le fait d’être mineur ne risque-t-il pas d’être une réelle entrave, sachant qu’il te faudra faire des démarches administratives ?

« Je suis émancipé juridiquement, car je suis parti de chez moi à 16 ans. Par conséquent j’ai les mêmes droits et devoirs que n’importe quel étudiant de Sciences Po. »

Le Party Européen fait le ménage, vous salissez un BDE enfin propre, comment vivez-vous votre manque de respect ?

« Nous avons rendu plus propre le BDE après l’apéro et l’amphi de lundi soir et le gouter de mardi en CM. Au-delà du BDE, en tant personnes responsables, quand on salit on lave, pas besoin de prendre des photos. »

 

QUESTIONS INDIVIDUELLES AU PARTY EUROPEEN

Pourquoi une seule fille est présente dans votre liste alors que le campus dijonnais est composé à 65% de filles ?

« Nous n’avons pas sélectionné les membres par rapport à leur sexe, on a juste cherché à former un groupe avec un esprit familial, un groupe efficace dans lequel les gens travaillent bien ensemble. »

Une liste qui est sûre de dépasser amplement le budget qui lui est alloué pour la campagne ne risque-t-elle pas de plonger le BDE dans une crise financière sans précédent ?

« On ne croit pas que ce risque existe puisque cet argent ne concerne que la campagne qui plus intense que la vie quotidienne du campus (campus qui sera plus sympa si nous sommes élus) »

 

 

 

11 candidats, 4 heures, 2 journalistes, 0 idées ?

Hier soir, un évènement inédit républicain a eu lieu. Un débat à onze candidats, intégrant de fait les 6 « petits » candidats. Les cinq gros bonnets de la présidentielle ont donc dû descendre de leur piédestal médiatique pour se mêler à la mêlée démocratique et jouer des coudes : Mélenchon contre Arthaud, Hamon versus Poutou, Le Pen face à Asselineau, Macron contre Lassalle, et Fillon versus Nicolas Dupont Aignan. Jacques Cheminade, de son côté, est resté en orbite.

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